\section{La problématique du libre}

\subsection{Rappel de la définition des logiciels libres}

Les logiciels  dit ``libres''  sont des logiciels  dont le code  source est
publié librement. Bien qu'il en  existe beaucoup d'autres, la plus utilisée
des licences  libres est  la licence GPL.   Celle-ci permet à  quiconque de
modifier le  code source du  logiciel à partir  du moment ou il  publie les
modifications. Remarquez  qu'on associe souvent les logiciels  libres à une
communauté de  développeurs bénévoles. C'est effectivement le  cas pour bon
nombre de logiciels  mais, les licences libres sont  très utilisées par les
entreprises aussi.

\subsection{Protections des logiciels libres}

La protection  juridique des logiciels  libres repose exclusivement  sur le
droit d'auteur. Les  logiciels libres distribués et utilisés  dans le monde
se comptent en dizaines de milliers, sont conçus par plus d'un demi million
d'auteurs et  comptent des centaines  de millions d'utilisateurs.   A titre
indicatif, plus de la moitié des serveurs web fonctionnent sur la base d'un
logiciel libre.

Les licences logiciel libre sont donc utilisées à grande échelle et ont été
acceptées  par une  large  population dans  des  contextes juridiques  très
différents. Les termes de ces  licences n'ont suscités, ces vingt dernières
années, aucun conflit ayant nécessité un recours aux tribunaux.

Il est important  de noter que la seul protection  des logiciels libres est
juridique. Effectivement, étant donné que le code source est publié, il n'y
a aucune protection technique.

\subsection{Réutilisation des codes sources libre}

La reprise  du code d'un  logiciel libre pour  un autre logiciel  libre est
donc autorisée et encouragée.

L'utilisation  de  code  source   d'un  logiciel  libre  dans  un  logiciel
propriétaire est  prohibées par la plupart des  licences libres. Néanmoins,
ce type de fraude est toujours  difficile à prouver puisque l'on ne possède
généralement pas le code source du  logiciel incriminé. Et même dans le cas
ou l'on  possède le code source,  il est toujours difficile  de prouver une
ressemblance de code et faire valoir cette preuve devant un tribunal.

\subsection{Utilisation de standards commerciaux dans des applications libres}

Depuis, quelques  années, les éditeurs  de logiciels utilisent  des mesures
techniques    pour   protéger    leurs   technologies.     Dans    le   but
d'interopérabilité,   la   décompilation   des  logiciels   est   reconnue.
Effectivement,  le droit  d'auteur américain  reconnaît, à  l'instar  de la
législation  européenne,  une  exception  en matière  de  décompilation  de
logiciels ou reverse engineering.  Il  est même reconnu dans la récente loi
sur  la protection  des mesures  techniques,  que la  neutralisation de  la
protection technique ne sera pas illicite lorsqu'elle est effectuée dans un
but de reverse engineering.

Néanmoins, les  éditeurs voient  d'un mauvais oeil  d'interopérabilité avec
les logiciels libres. Effectivement, vu que tous le monde peut lire le code
produit  par  les auteurs  libres,  d'interopérabilité  avec les  logiciels
libres équivaut à la diffusion gratuite de la technologie.

La loi est difficile à interpréter sur ce point. Les protections techniques
servent  des  buts de  contrôle  du  marché.   Or, l'opération  de  reverse
engineering,  bien  que   permise  en  droit  d'auteur,  a   ici  pour  but
d'outrepasser  les règles  de ce  marché  et d'accéder  gratuitement à  une
technologie dont les concepteurs monnayent l'accès.

Le  problème  s'est posé  récemment  lors du  cassage  du  cryptage du  DVD
\cite{DVD}  et risque  de se  poser (et  de faire  scandale)  dans quelques
années lors de la mise en place de TCPA-Palladium par Microsoft\cite{TCPA}.


